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AVIS aux artistes-peintres et amateurs d'art, Visitez: http://www.artacademie.com

ART CONTEMPORAIN! ET QUOI ENCORE?

Alors que nous créons les différents salons de la galerie d’art de l’Académie, les incontournables interrogations de l'équipe fusent de toutes part sur le sujet de «l’art contemporain» lors de notre réunion. Et l'art contemporain ... c'est quoi ?

En 1982, Louis Bruens soulignait déjà, dans son ouvrage «Les dessus et les dessous du marché de l’art», le ridicule d’une supposée sculpture exposée, en 1981, à l’Hôtel de Ville de Québec (voir photo ci-près) (Sculpture intitulée : Après le petit déjeuner). C'était 65 ans après  «La fontaine» de Marcel Duchamp (1917). On était malheureusement déjà à mille lieux du «Penseur» de Rodin.

Nous nous sommes amusés à relire ce que Louis Bruens écrivait, il y a 26 ans, dans ce livre en revoyant cette merveilleuse «œuvre d’art contemporaine» de son  cru, intitulée «Errare Humanum est» (pour intellectuel averti seulement) ou «Rythme horizontal à tendance ésotérique et envolée spatiale». (Voir photo avec les lunettes) Pour expliquer sa démarche picturale, Louis Bruens recommandait aux lecteurs : Il faut passer sept fois les yeux sur la pièce que l’on examine avant de parler.

Cet exemple se voulait les prémices de la décadence de la définition de l’art et de nombreux artistes sont prisonniers aujourd'hui de définitions absurdes qui, en définitive, ne définissent rien, ni «l’art contemporain» et encore moins «l’art contemporain de pointe», termes utilisés abondamment par certains marchands du temple, c’est-à-dire des galeristes et des pseudo-experts. Les institutions gouvernementales et paragouvernementales se mettent aussi de la partie et accordent leur soutien et une large partie des budgets à tout ce qui relève du «contemporain», par le biais des musées et des galeries sans buts lucratifs, d’associations nébuleuses, etc.

Nous avons vainement tenté d’obtenir une définition précise de l’art contemporain auprès de l’Association des Galeries contemporaines de Montréal en février 2008. Cette association s'est donnée pour mandat : «... de sensibiliser le public à l’art contemporain ... et enfin de stimuler le marché de l’art contemporain. » Nous sommes actuellement le 11 juillet 2008 … et nous attendons toujours une réponse.

À nos yeux, rien ne s’oppose à l’utilisation du terme «art contemporain» lorsqu’il désigne des artistes de notre temps et de notre époque, c’est donc dire que TOUS les artistes actuels sont contemporains, à moins... à moins que le terme «contemporain» ne définisse un genre, une forme, une école ou un concept bien précis comme dans l’œuvre de Brian Jungen, artiste canadien dont l'oeuvre est significative. Nous ne lui reprochons que d'user du terme «art contemporain» dont l’étymologie continue à semer la confusion.

Plusieurs requins du marché de l’art se sont rabattus sur l’expression «art contemporain» pour jeter de la poudre aux yeux des collectionneurs et des investisseurs en prétendant que telle œuvre d’art contemporaine vaut son pesant d’or. Il s'agit là non pas d'une valeur attribuée aux qualités de l'oeuvre, mais plutôt par rapport au bagout du marchand, au titre intellectualisé ou de descriptions alambiquées, apprêtées et confuses à souhait, pour masquer l’absence de valeurs de l’objet. L’acheteur n’a rien compris lui, mais combien il est fier de payer cher ce bel objet-gadget qui trônera dans son salon à la vue de ses invités et, qui plus est,  il se glorifiera d’avoir dépensé une si grande somme pour posséder son truc ou son machin «d’art» - Snobisme oblige.

Revenons à nos moutons …contemporains; dans l’esprit de tant de gens, l'expression «art contemporain» est synonyme «d’art abstrait» et personne ne tente de corriger le tir. N’oublions pas que l’art abstrait a véritablement vu le jour en Russie, en 1910, et n’a aucun rapport avec la notion véhiculée d’art contemporain. Donc, ne confondez pas abstrait et contemporain. Il nous faut nous demander pourquoi les admirateurs de ces supposés genres d’art, eux qui se targuent de défendre l’avant-gardisme artistique, n’ont pas eu l’intelligence de  proposer une appellation réellement descriptive pour qualifier ces trucs et ces machins ... supposément artistiques ; ils ont préféré user d’un terme vieux comme le monde, car, entendons-nous bien, l’époque contemporaine (du latin contemporaneus) désigne... (fiat lux) l’actuel, le présent et  l’époque dont nous sommes et avons été témoin… de notre vivant (+ ou - 75 ans). Entendons-nous bien … les témoins morts n’ont pas droit au chapitre.  L’intelligence étant l’art de comprendre et de s’adapter, si une forme de pensée quelle soit écrite ou dessinée, bâtie ou modelée, ne peut se comprendre par la plupart des êtres humains, nous nous trouvons devant un non-sens évident. L’émotion ressentie devant une œuvre d’art est très subjective et ne confère pas nécessairement une valeur de chef-d’œuvre à n’importe quelle pièce.

Trois extraits, pris sur Internet, confortent notre opinion sur la question : elles résument l'essentiel des critiques formulées à l'égard de l'art dit contemporain  «création contemporaine» (FRANCE) : la vision pamphlétaire de Jean Monneret  qui y voit essentiellement un art d'État soutenu par des fonctionnaires irresponsables qui dilapident l'argent du contribuable et ensuite l'analyse de Philippe Lejeune qui lui, va jusqu'au bout de la dialectique des tenants de l'art dit contemporain en démontrant leur négation de l'idée de Beauté. Fred Forest est aussi passé à l'acte pour défendre ses convictions proches de celles de Jean Monneret en attaquant l'État devant les tribunaux administratifs de France.  « L'art contemporain ? Tous les artistes vivants font partie de l'art contemporain. Ce sont les artistes qui font l'art. Tous les artistes. Librement ! Or, l'État veut faire croire au public qu'il n'y a qu'un art digne d'intérêt, l'art dit « contemporain », c'est-à-dire l'art d'État. Comme si l'installation, la performance ou l'art inculte – pour peu que la légende qui l'accompagne relève de la logorrhée – soient, à eux seuls, la suite historique, linéaire, indiscutable de la tradition artistique. Il est vrai qu'en art dit « contemporain », moins il y a à voir, plus il y a à dire ! Dans une exposition d'art contemporain, une gaine d'aération, le matériel de secours ou le carrelage des sanitaires se confondent souvent avec les œuvres présentées. La question alors est, où est l'œuvre ? Tant l'harmonie est parfaite entre le contenant et le contenu. «L'art contemporain se dit conceptuel, c'est-à-dire que, partant d'un concept, on arrive à procurer une sensation. Les Beaux-Arts se donnent un tout autre but, ont un programme bien différent. Partant de l'éprouvé, ils le confrontent à la mémoire collective pour arriver précisément à une idée, c'est-à-dire à un élément que l'on peut comparer […]. »

La mission de l'Académie est de promouvoir la carrière des artistes-peintres et sculpteurs, membres,  à l'échelle internationale. Notre gala ACADEMIA XXI, tenu au Musée des beaux-arts de Montréal, a démontré clairement que ces artistes d'aujourd'hui persévèrent à dessiner, à chercher, à se perfectionner, à se dépasser, à repousser leurs limites, ils réalisent des oeuvres picturales figuratives, semi-figuratives, abstraites et singulières. Ils sont naturellement des «artistes contemporains» donc actuels et leur art l'est tout autant.

En conclusion, après avoir cogité longuement sur le sujet de l’art contemporain, nous suggérons aux grands penseurs du monde de l’art de refaire leurs devoirs, de ne plus appliquer les termes «art contemporain» sur tout et sur rien.

Commerce... commerce quand tu nous tiens!

S.V.P. Qu’est-ce qui différencie l’Art tout court ... de l’art contemporain ?

 


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